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Bruxisme

Bruxisme

Les parafonctions, telles que le bruxisme et le clenching prolongés, ont été associées à une surcharge sur le joint temporo-mandibulaire (ATM).

En 1994, Korioth (250) étudia les forces mandibulaires engendrées durant le clenching. Il a étudié un « Finite element model 3D », pour simuler cela. Cinq fonctions de clenching ont été modelées : en position d’intercuspidation dentaire, en latéralité gauche sans contacts balançants, en latéralité avec contacts balançants. En clenching incisif, durant le clenching molaire la nuit. Les prédictions du modèle ont été confirmées, soit que les condyles mandibulaires humains reçoivent le loading (compression) avec les plus grandes forces transmises bilatéralement durant l’intercuspidation et le clenching incisif autant que sur le côté balançant durant la fermeture unilatérale. Même si de plus grandes forces ont été trouvées sur les régions latérales et latéro-postérieures des condyles durant l’intercuspidation (clenching), le modèle a prédit des pressions plus élevées sur les régions des pôles internes condylaires durant le clenching incisif. L’inclusion de contacts balançants a semblé diminuer les forces sur le condyle du côté balançant.

Le « Finite Element modèle 3D » procure une façon de résoudre l’effet de différentes forces qui agissent sur les condyles, tout en tenant compte de la forme et des propriétés rhéologiques de ses diverses composantes. Dans cette étude, les forces du clenching sur les condyles ont été étudiées. Le modèle 3D est une technique numérique avancée développée pour une analyse structurelle ingéniérée. La première étape est de subdiviser la géométrie complexe du condyle en de beaucoup plus petits éléments. Pour ce faire, l’anatomie de la mandibule doit être reproduite dans l’ordinateur et ensuite divisée en éléments beaucoup plus petits qui s’interconnectent dans leur coins. Le modèle de prédiction 3D a confirmé la dépendance des condyles aux forces compressives durant la fonction de clenching.

Le tiers latéral de la surface condylaire supérieure est plus fortement compressé bilatéralement durant le clenching en intercuspidation et unilatéralement sur le côté balançant pour une molaire qui clenche. La surface condylaire est plus fortement compressée antéro-mésialement durant le clenching incisif. Cette approche est encore malheureusement limitée par une sur-simplification de plusieurs composantes structurelles.

Pertes, en 1995, statua qu’un clenching fréquent et prolongé, était plus dommageable pour les muscles et les joints que le bruxisme (grinding). De plus, Rugh 1981, reporte que les TCH (teeth contacting habit) augmentaient l’activité des muscles masséters. Glaros en 1998, rapporta aussi que les TCH pouvaient contribuer au développement et à la perpétuation de la douleur (DTM) aux ATM. Shiffman en 1992, Carlson en 2001, en ont aussi parlé. Huang en 2002, en a discuté plus longuement. Ils ont rapporté un ratio de 4.8 pour des patients avec douleur myofaciale, 1.2 pour des patients avec arthralgie, et 3.3 pour les patients avec arthralgie et douleur myofaciale.

Sato (464) trouva aussi un lien avec la durée prolongée de la douleur à mesure que les patients vieillissaient. Il a aussi trouvé un lien avec la mastication unilatérale (68.3%) chez les patients de son étude alors que Shiffman en rapporte 39.2% dans la sienne. Le pourcentage augmentait jusqu’à 80.5% pour les patients avec TCH en plus.

En 2003, Pergamalian et Greco. (389), ont analysé l’association significative ou non, entre les facettes d’usure, le bruxisme et la sévérité des douleurs musculaires faciales chez 84 patients avec DTM (critères RDC/TMD) qui rencontraient 10 critères spécifiques. Les mesures des facettes d’usure et des parafonctions et des douleurs musculaires faciales furent aussi notées. Chez cette population testée, on a trouvé une corrélation modeste de l’usure des dents avec l’âge. Sur ces 84 patients, 11.9% ne rapportaient aucune parafonction de bruxisme, 32.1% avaient un bruxisme occasionnel et 47.6% un bruxisme fréquent. Les 8.4% restants ont été éliminés car leurs réponses étaient inconsistantes. Les activités de bruxisme ne corrélaient pas avec la douleur musculaire à la palpation et était inversement associée avec la douleur à l’ATM lors de sa palpation. L’usure dentaire n’était pas significativement corrélée avec le bruxisme, la douleur musculaire ou la douleur à l’ATM. En conclusion, dans cette population de DTM, les usures dentaires ne permirent pas de différencier les patients bruxeurs des autres non-bruxeurs. Le montant d’activité du bruxisme n’était pas associé avec une douleur musculaire plus sévère mais était associée avec moins de douleur à la palpation de l’ATM.

En 2003, Güler et ass. (160), étudièrent la corrélation qu’il pouvait y avoir entre les images à l’IRM et les symptômes cliniques de douleur à l’ATM, de bruits à l’ATM, chez des patients avec des habitudes de bruxisme. Il étudia l’effusion, les déplacements discaux, les changements osseux et la morphologie du disque articulaire. Il y avait 102 joints avec DD (64 patients, donc sur 128 joints) bruxeurs, 60 joints avec dérangements internes (30 patients) sans habitudes de bruxisme, suivi d’un groupe contrôle. La douleur fut analysée avec une échelle analogue visuelle. Chez les 102 joints avec DD, 53 (52%) avaient des DD avec réduction, 49 (48%) avaient des DD sans réduction. Dans le groupe contrôle, 16 joints furent classifiés comme étant normaux. Dans les 44 restants, 27 (61%) avaient un DDR, 17 (39%) avaient un DDNR unilatéral. Les changements osseux condylaires ont été observés chez 55% des DDR du groupe d’étude et chez 38% des DDR du groupe contrôle comparé à 86% des DDNR du groupe d’étude et 24% des DDNR du groupe contrôle. Il y en avait une forte corrélation entre l’âge et les changements dégénératifs dans le groupe d’étude. Dans les DDR, il y avait une différence significative dans la prévalence des changements osseux condylaires entre les 2 groupes. Dans les DDNR, 30% des joints étaient douloureux dans le groupe d’étude comparé à 59% dans le groupe contrôle démontrant un signal fort en T2 dans l’espace du joint. Des différences statistiquement significatives entre les 2 groupes furent aussi notées pour la morphologie du disque et la prévalence d’effusion et de déplacement discal. Les bruits du joint étaient importants chez les joints affectés unilatéralement dans le groupe d’étude. Une corrélation statistiquement significative a été trouvée entre les bruits au joint et la réductibilité du joint. En conclusion, il fut démontré qu’une plus grande prévalence de changements osseux arrive chez les patients avec des disques réductibles et des comportements de bruxeurs. L’étude de distribution des genres a démontré que plus de femmes que d’hommes rapportent des parafonctions de clenching. (Dans cette étude : 5F pour 1H). Dans cette étude, 2 disques avaient des perforations.

En 2005, Kobs et collègues (245) ont étudié 307 patients (140 H , 167 F). Ils ont examiné la relation entre le clenching et son incidence sur les muscles. Les patients devaient avoir au moins 1 signe de TMD tel douleur ou sensibilité à la palpation des joints ou des muscles, des bruits aux ATM, douleur ou déviation durant l’ouverture buccale maximale. 81 sujets admettaient clencher, alors que 218 répondaient par la négative. Chez les non-clencheurs, 68.8% n’avaient pas de muscles douloureux, 31.2% oui. Chez les clencheurs, 53.1% avaient une sensibilité musculaire bilatérale, alors que 46.9% ne l’avaient pas.

Aussi en 2005, Ahlberg et associés (5) ont étudié le bruxisme et les syndromes des jambes sans repos (RLS) chez du personnel dans les médias avec des heures de travail irrégulières. Ils ont trouvé que le bruxisme peut être un signe d’insatisfaction ou de situation stressante, alors que le RLS est une caractéristique plus stable en lui-même et qui peut affecter négativement le sommeil et ainsi augmenter le problème du bruxisme.

Toujours en 2005, Glaros et collègues (147) ont étudié le rôle des parafonctions, émotions et stress en regard d’une prédiction de douleurs faciales des mâchoires (DTM), et d’un groupe contrôle. Ils ont trouvé les liens très forts et suggèrent aux étudiants de toujours tenir compte de l’aspect psychologique et comportemental chez leur patient.

En 2006, Sato et collègues (464), ont essayé d’élucider les rôles des parafonctions dans les désordres temporo-mandibulaires (DTM). Ils ont étudié TCH (Teeth Contacting Habit). Il s’agit des dents des 2 maxillaires qui se touchent légèrement durant la journée quand la bouche est fermée. Leurs hypothèses étant que le TCH est associé avec la perpétuation de la douleur chronique chez les patients avec DTM et que le TCH est aussi associé à d’autres facteurs behavioraux i.e.de comportement. 229 patients avec DTM et douleur chronique ont été analysés avec l’analyse de régression à multi -variables. 52.4% des patients qui présentaient une douleur chronique depuis plus de 4 mois, avaient moins de chances de parvenir à une amélioration de leur douleur. Les autres facteurs associés au TCH étaient : le mâchouillage unilatéral, une implication dans un travail de précision. Leur conclusion fut donc : le TCH peut prolonger la douleur des DTM et est associé à d’autres facteurs comportementaux. Plusieurs études ont rapporté une relation entre les symptômes de DTM et les habitudes orales parafonctionnelles telles que bruxisme et clenching (Laskin 1969, Huang et LeResche, 2002, Magnusson et Egermark en 2000). D’autres études chez des personnes non-symptomatiques, ont indiqué un clenching diurne de 6 à 29%. (Shiffman, 1992, Agerberg 1975, Huang 2002, Gavisch 2000, Nilner 1983). Par contre, le clenching diurne chez les patients avec DTM se chiffre de 52 à 82% (Agerberg 1975, Huang 2002).

En 2008, Svensson et collègues (515) étudièrent la relation entre la douleur crânio-faciale et le bruxisme. En visitant la littérature, ils ont trouvé que le bruxisme et la relation avec la douleur à l’ATM est compliqué et loin d’être linéaire. La douleur crânio-faciale a plusieurs facettes et est donc multi -factorielle.

En 2013, Abe et collègues (3), ont étudié les distributions du stress sur l’ATM durant du clenching prolongé en utilisant un modèle 3 dimensions «Finite Element » de l’ATM avec ou sans déplacement du disque articulaire. Ils ont plus précisément tenté d’étudier l’effet de ces stress répétitifs sur les tissus cartilagineux en particulier. Les modèles Finite Element ont été développés sur la base d’IRM de 2 sujets avec déplacement sans réduction et sans déplacement du disque des ATM. Les mouvements condylaires enregistrés durant un clenching de 5 minutes ont servi comme condition de surcharge pour l’analyse. Sur le modèle asymptomatique, les stress les plus élevés (von Mises) étaient localisés dans les régions latérales (4-91 MPa) des surfaces du disque et après les 5 minutes de clenching, les stress les plus élevés étaient encore localisés dans les régions latérales (3.65 MPa). Dans les tissus cartilagineux, 30 à 50% de la réduction du stress est arrivé durant le clenching de 5 minutes. Au contraire, dans le modèle symptomatique le von Mises Stress, était de beaucoup moins marqué. Cependant, dans le cartilage condylaire, la relaxation durant le clenching, était absente. De plus, des stress élevés ont été observés dans les tissus rétro-discaux tout le temps du clenching. Leurs résultats indiquaient que la position du disque articulaire pourrait être expliquée dans la distribution du stress sur les composantes de l’ATM durant un clenching prolongé, et sur le tissus rétro-discal et ainsi engendrer une perforation du disque et, dès lors, conduire à une maladie dégénérative comme de l’ostéo-arthrose.

BRUXISME

(3) Abe S, Kawano F, Kohge K, Kawaoka T, Ueda K, Hattori-Hara E, Mori H, Kuroda. S, Tanaka E. Stress analysis in human temporomandibular joint affected by anterior disc displacement during prolonged clenching. Journal of Oral Rehabilitation. Journal of Oral Rehabilitation April 2013; 40(4):239-246.

(5) Ahlberg K, Ahlberg J, Kononen M, Partinen M, Hublin C, Savolainen A. Reported bruxism and restless legs syndrome in media personnel with or without irregular shift work. Acta Odontologica Scandinavica 2005; 63:94-98.

(147) Glaros AG, Williams K, Lausten L, Friesen LR. Tooth contact in patients with temporomandibular disorders. J Craniomand Pract. 2005b; 23(3):188-193.

(160) Güler N, Yatmaz PI, Ataoglu H, Emlik D, Uckan S. Temporomandibular internal derangement: correlation of MRI findings with clinical symptoms of pain and joint sounds in patients with bruxing behaviour. Dentomaxillofacial Radiology Sep 2003; 32(5):304-310.

(245) Kobs G, Bernhart O, Kocher T, Meyer G. Oral parafunctions and positive clinical examination findings. Stomatologija 2005; 7(3):81-83.

(250) Korioth TW, Hannam AG. Mandibular forces during simulated tooth clenching. J Orofac Pain 1994; 8(2):178-189.

(389) Pergamalian A, Rudy TE, Zaki HS, Greco CM. The association between wear facets, bruxism and severity of facial pain in patients with temporomandibular disorders. J Prosthet Dent 2003; 90(2): 194-200.

(464) Sato F, Kino K, Sugisaki M, Haketa T, Amemori Y, Ishikawa T, Shibuya T, Amagasa T, Tanabe H, Yoda T, Sakamoto I, Omura K, Miyaoka H. Teeth contacting habit as a contributing factor to chronic pain in patients with temporomandibular disorders. J Med Dent Sci 2006; 53(2):103-109.

(515) Svensson P, Jadidi F, Arima T, Baad-hansen L, Sessle BJ. Relationships between craniofacial pain and bruxism. J Oral Rehabil 2008; 35(7):524-547.

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