Consultation gratuite
Les acouphènes

Les acouphènes

Erlandsson (121), en 1991, avait aussi étudié les acouphènes en fonction de l’irritabilité et de l’observation psychologique des patients, mais seulement sur 2 semaines et y avait trouvé un lien.

 

En 2003, Hakan et ass. (547) ont étudié la prévalence des acouphènes chez 200 patients présentant des désordres temporo-mandibulaires et divisés en 3 sous-groupes selon le RDC/TMD (305, 542) comparés à un groupe contrôle asymptomatique 22.5% (45 patients) qui n’avaient aucune plainte. Les 155 autres patients avaient au moins une plainte sur 4 symptômes, otalgie 63.6%, acouphènes 59%, vertiges 50%, perte d’ouïe 22% chez les patients avec douleur myofaciale et dysfonction, par 46.1%, 44.2%, 32.5%, 22% respectivement pour les patients avec des dérangements internes articulaires, puis 62.5%, 45.8%, 41.6% et 20.8% pour les patients avec les 2 catégories. Pour le groupe contrôle, ils présentaient une otalgie 8%, acouphènes 26%, vertige 14% et perte d’ouïe 14%. Ils ont donc conclu que les patients avec DTM avaient une incidence beaucoup plus élevée en comparant les symptômes reliés aux oreilles, avec les sujets sans problèmes aux ATM.

 

Cou-acouphène-orthodontie-drelafond

 

En 2004, Bernhardt et collègues (39) ont présenté les résultats d’une étude de santé en Pomeranie en rapport avec la prévalence d’acouphènes et de DTM dans une population de volontaires. Donc 2 groupes, ceux avec acouphènes et ceux sans acouphènes furent étudiés. Donc 30 patients souffrant de perte aigue de l’ouïe avec acouphènes, acouphènes isolés aigus, et avec acouphènes chroniques transitoires furent examinés pour trouver des symptômes de dysfonction temporo-mandibulaire. Ils étaient 13f, 17h, de 18 à 71 ans, comparés à un groupe de volontaires équivalents mais sans acouphènes. Les résultats donnaient que 60% des patients avec acouphènes présentaient plus de 2 symptômes de DTM, et 36.5% du groupe sans acouphènes et ce, significativement. Le groupe avec acouphènes présentaient significativement plus de douleur à la palpation musculaire, plus de douleur à l’ATM, plus de douleur à l’ouverture buccale que la palpation générale du groupe sans acouphènes. Il n’y avait pas de différences statistiques entre les bruits à l’articulation, les limitations à l’ouverture buccale, ou l’hyper-mobilité du joint. Ils conclurent qu’un dépistage pour DTM devrait être inclus pour les patients qui présentent des acouphènes et que ceux-ci ont plus de chance de présenter des douleurs à l’ATM et des douleurs myofaciales que d’autres symptômes.

En 2005, Schmitter (473), quant à lui, a étudié les prévalences des signes et symptômes des DTM chez des patients très âgés. Il a trouvé que l’ouverture buccale diminuait généralement avec l’âge mais demeurait dans des mesures que je qualifierais de normales (autour de 40mm) pour les patients avec ou sans prothèses dentaires. Il a aussi trouvé que les plus jeunes patients présentaient plus de plaintes relatives à la douleur même s’ils présentent des signes objectifs de DTM que la population plus âgée.

De leur côté, en 2005 Al-Habahbeh et collègues (10) ont investigué la prévalence d’otalgie chez des patients avec des désordres temporo-mandibulaires (DTM) et ont évalué aussi la réponse à un traitement conservateur de 6 mois. Chez 125 patients (de 13 à 68 ans, moyenne de 29.8 ans) (68.8% de femmes), 7.9 % des patients rapportaient une otalgie dont 67.4% étaient des femmes pour 32.6% d’hommes. Ils concluaient qu’un traitement conservateur est efficace dans la diminution de la douleur d’otalgie et, ceci, significativement; à noter que leur traitement conservateur consistait majoritairement, à de l’écoute, de la physiothérapie, des anti-inflammatoires non-stéroïdiens et des plaques occlusales (non-décrites).

Toujours en 2005, Ramirez et ass. (405) ont tenté d’expliqué les mécaniques de la pathologie otique p/r aux DTM, puisqu’ils semblent inter -connectés. (Bernhardt et ass. (39), 2004). Ils ont fait une énorme revue de littérature de 1933 à 2004 à ce sujet.

En 2005, Camparis et collègues (54) ont étudié la prévalence et les caractéristiques chez 100 patients (80F, 20H) bruxeurs nocturnes et les acouphènes, au Brésil. Évalués par un questionnaire RDC/TMD, ils furent divisés en 2 groupes : A) 54 patients (âge moyen 37 ans) avec acouphènes et B) 46 patients sans acouphènes (âge moyen 34 ans). Les statistiques significatives furent ainsi : plus de douleur faciale chronique, plus de palpation douloureuse aux muscles de la mastication et aux muscles cervicaux, plus d’absences dentaires sans remplacement prosthétique et plus d’indice de dépression pour le groupe A (avec acouphènes). Les altérations structurelles à l’ATM, tels que les déplacements des disques, et perte de dimension verticale, étaient semblables dans les 2 groupes. Les acouphènes étaient plus fréquents chez les patients avec bruxisme nocturne et douleur myofaciale.

En 2006, Tullberg et Ernberg (545), ont étudié sur 2 ans, les effets à long-terme sur les acouphènes d’un traitement sur les désordres temporo-mandibulaires (DTM) comparés à un groupe témoin sur liste d’attente. 96 patients avec acouphènes et DTM dont 73 ont complété le questionnaire 2 ans plus tard. Comparés à 50 patients avec acouphènes mais toujours sur liste d’attente 2 ans plus tard. Pour résultats, ils ont trouvé 80% des patients avec signes de DTM, surtout myogéniques. 43% des patients ont rapporté une amélioration de leurs acouphènes, 39% demeuraient inchangés et 17% que cela avait augmenté depuis le début du traitement.

Dans le groupe témoin, 12% ont rapporté une amélioration dans leurs acouphènes, 32% étaient pareils, et 56% avaient empiré. La différence entre les groupes était statistiquement significative. Ils ont donc conclu que l’acouphène était fréquent chez les patients avec DTM, et que les traitements avaient un bon effet à long-terme sur les acouphènes et en particulier, chez les patients avec des acouphènes intermittents. Et similaire à d’autres études antérieures (121) le côté gauche était légèrement plus fréquemment atteint que le côté droit, même si majoritairement les 2 côtés étaient atteints. Qui plus est, les acouphènes étaient associés avec une perte de l’ouïe subjective du même côté même si une autre étude a démontré aucune relation entre les deux (547, en 2003).

 

ACOUPHÈNE

(10) Al-Habahbeh R, Al-Zioud W, Al-Khtoum N. Prevalence of Otalgia inpatients with Temporomandibular Disorders and Response to Treatment. Middle East Journal of Family Medicine September 2005; 3(4).

(39) Bernhardt O, Gesch D, Schwahn C, Bitter K, Mundt T, Mack F, Kocher T, Meyer G, Hensel E, John U. Signs of temporomandibular disorders in tinnitus patients and a population-based gbroup of volonteers; results of the Study of Health in Pomerania. J Oral Rehabil 2004; 31(4):311-9.

(54) Camparis CM, Formigoni G, Teixeira MJ, De Siquiera JT. Clinical evaluation of tinnitus in patients with sleep bruxism: prevalence and characteristics. J Oral Rehabil 2005; 32(11): 808-14.

(121) Erlandsson SI, Rubinstein B, Axelsson A, Carlsson SG. Psychological dimensions inpatients with disabling tinnitus and craniomandibular disorders. British Journal of Audiology 1991; 25(1):15-24.

(305) Manfredini D, Guarda-Nardini L, Winocur E, Piccotti F, Ahlberg J, Lobbezoo F. Research diagnostic criteria for temporomandibular disorders: a systematic review of axis I epidemiologic findings. Oral Surg Oral Med Oral Pathol Oral Radiol Endod 2011; 112(4):453-462.

(405) Ramirez Aristeguieta LM; Sandoval Ortiz GB, Ballesteros LE. Theories on Otic Symptoms in Temporomandibular Disorders: Past and Present. Int. J. Morphol 2005; 23(2):141-156.

(473) Schmitter M, Rammelsberg P, Hassel A. The prevalence of signs and symptoms of temporomandibular disorders in very old subjects. J Oral Rehabil 2005; 32(7):467-73.

(542) Truelove E, Pan W, Look JO, Mancl LA, Ohrbach RK, Velly A, Huggins K, Lenton P, Schiffman EL. Research Diagnostic Criteria for Temporomandibular Disorders: Validity of Axis I Diagnoses. J Orofac Pain 2010; 24(1):35-47.

(545) Tullberg M, Ernberg M. Long-term effect on tinnitus by treatment of temporomandibular disorders: A two-year follow-up by questionnaire. Acta Odontologica Scandinavica 2006; 64:89-96.

(547) Tuz HH, Onder EM, Kisnisci RS. Prevalence of otologic complaints in patients with temporomandibular disorder. Am J Orthod Dentofacial Orthop 2003; 123(6):620-3.

 

Lire la suite

Retour à la table des matières